Lutte aux changements climatiques: Manger local ou manger végé?

Pour certain, la consommation locale est un des meilleurs moyens de réduire l’empreinte écologique des aliments, tandis que pour d’autres, la seule solution possible est d’éliminer complètement les aliments d’origine animale. La réponse n’est pas si évidente que ça! Selon une vaste étude réalisée récemment, l’achat local ne va pas résoudre le problème, les émissions de GES engendrés par le transport des aliments ne représenteraient que 10% de toute l’activité de production. Par contre, un seul jour sans viande par semaine a plus d’effets que de manger entièrement local. Conclusion: mangeons local et soyons végétarien un jour par semaine!

Impact de notre modèle alimentaire sur le territoire agricole

On a tous entendu au moins une fois cette citation d’Anthelme Brillat-Savarin: Dis moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es. À partir de cette citation, soit ce que l’on mange, on peut maintenant évaluer l’impact de notre type d’alimentation sur la superficie nécessaire pour nourrir un groupe de personnes, les emplois agricoles induits et les impacts écologiques des activités agricoles en jeu. Il existe un nouvel outil en ligne nommé PARCEL qui permet ce type de calcul. On peut également modifier certains paramètres comme pourcentage d’aliments biologiques et quantité de viande consommée, pour voir le nouvel impact. Cet outil est pour l’instant disponible uniquement pour des données de base provenant de France, mais espérons qu’il le sera partout dans le monde sous peu.

COVID-19 et achat local

Un peu partout dans le monde, la COVID-19 a stimulé l’achat local. Le secteur économique qui a le plus profité de cette tendance est celui de l’alimentation. Une récente étude réalisée en France démontre que les consommateurs vont continuer à acheter local, surtout dans le sens  »achat responsable », mais qu’ils vont aussi continuer à acheter des produits importés comme les bananes ou le quinoa.

Est-ce que la tendance va vraiment se maintenir après la crise? Est-ce que le Canada va suivre cette tendance? À voir dans les prochains mois!

Les aliments bio encore plus populaire

En Europe, les ventes de produits biologiques continuent à progresser, même pendant la période de pandémie. Les grandes entreprises de distribution agroalimentaire n’ont pas eu le choix de s’adapter et les aliments bio sont présents partout. Le regain d’intérêt pour l’achat local pendant la période de confinement a également eu un effet positif sur les ventes de produits bio.

Évolution bio europe

Les effets positifs de la COVID-19

Tout le monde le reconnaît, ce qui se passe actuellement sur la planète est du jamais vu. C’est un total chamboulement de nos habitudes et ça nous dérange énormément. Les effets négatifs sont nombreux et relégués en continue par tous les médias. Mais pour beaucoup d’entre nous, c’est une prise de conscience qui démontre que notre système économique actuel est malade et qu’il faut retrouver des valeurs plus humaines. Et la beauté de l’être humain, c’est qu’il a une capacité d’adaptation assez rapide. On commence à percevoir les effets positifs de cette crise, surtout en ce qui concerne nos habitudes d’achat alimentaire. Une nouvelle preuve, cet engouement pour la viande locale en Alberta, alors que c’est la province réputée pour ses grands élevages intensifs et ses grandes usines d’abattage et de transformation de la viande. Maintenant, les petits éleveurs et transformateurs de viande ont de la difficulté à répondre à la demande!

PHOTO : RADIO-CANADA

Des fraises en hiver au Québec?

Il y a presque 10 ans, j’ai accompagné un producteur agricole pour la mise en place d’une production de fraises dans un bâtiment fermé, en utilisant des technologies avant-gardistes: système de production vertical, recyclage de l’eau, lumières LED… On nous a traité de rêveurs et d’autres noms pas gentils… Nous n’étions pas rêveurs, seulement visionnaires…. La preuve: aujourd’hui cultiver des fraises en hiver dans un bâtiment fermé représente l’avenir!

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Consommation locale

En Europe, la perception des produits locaux est extrêmement positive. Ils sont en effet appréciés par une très large majorité (89%) contre 17% seulement qui déclarent ne pas y prêter attention. Ils sont reconnus en premier lieu pour leur qualité (84%) et le respect des conditions et procédés de fabrication (81%). Cette tendance lourde se fait ressentir jusqu’en Amérique du Nord.

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Seriez-vous capable….

De faire votre épicerie pendant 1 mois sans aller dans un supermarché? Février sans supermarchés en est à sa quatrième édition en Europe et les objectifs sont nombreux: favoriser l’achat local (circuit-court), redécouvrir les producteurs locaux, diminuer l’empreinte carbone comparativement aux produits importés.

Et si vous deveniez agriculteur pour récolter ce que vous désirez?

Etre propriétaire de la ferme du coin, choisir ce qu’elle va produire et prendre son vélo pour y faire ses courses chaque semaine : cette exploitation d’un nouveau type a vu le jour aux Pays-Bas en réponse au défi du changement climatique. Le concept est simple, en tant qu’actionnaire de la ferme, vous choisissez ce que vous voulez manger, et l’agriculteur produit selon vos besoins.

Ferme Hollande

Bio ou local?

C’est devenu la grande question lorsque l’on fait nos achats alimentaires. Doit-on privilégier les aliments bio dépourvus de pesticides, plus sains et meilleurs pour l’environnement ou bien encourager l’économie locale et aussi prendre soin de l’environnement? Le débat est lancé!