L’achat local, réel changement ou tendance éphémère?

L’année 2020 a été marqué par la pandémie, mais aussi par une forte augmentation des achats locaux, principalement pour les aliments. Mais est-ce une tendance durable, ou simplement passagère? Selon les premières constatations réalisées en France où cet engouement a été le plus marqué, il semblerait qu’un retour en arrière est en train de s’effectuer. La principale raison? Le prix! Les consommateurs veulent bien faire un effort mais pas à n’importe quel prix! La pandémie a aussi eu un effet négatif sur le pouvoir d’achat de nombreux consommateurs.

Si vous avez du temps, voici un webinaire sur le sujet qui est fort intéressant.

Une autre bonne raison d’encourager nos producteurs locaux en achetant leurs produits frais!

Comment peut-on repenser l’éducation à l’alimentation ? C’est la question que s’est posé le gouvernement français pour enrayer l’obésité chez les jeunes. Même s’il y a des cours sur l’alimentation dans les écoles depuis 1996, les résultats ne sont pas suffisant. Il faut donc réévaluer les cours et les adapter régulièrement au fur et à mesure de l’offre alimentaire, principalement l’offre de produits surtransformés.

Image: Guide alimentaire canadien

Agriculture verticale intérieure, une tendance forte!

On voit partout dans le monde un développement de l’agriculture verticale dans des bâtiments ou des containers. Les pionniers n’ont pas toujours réussi, mais les technologies se sont améliorées, l’expertise s’est développée et les nouveaux projets sont rentables. La pandémie que l’on connaît actuellement est aussi facteur qui influence positivement l’achat local.

Lutte aux changements climatiques: Manger local ou manger végé?

Pour certain, la consommation locale est un des meilleurs moyens de réduire l’empreinte écologique des aliments, tandis que pour d’autres, la seule solution possible est d’éliminer complètement les aliments d’origine animale. La réponse n’est pas si évidente que ça! Selon une vaste étude réalisée récemment, l’achat local ne va pas résoudre le problème, les émissions de GES engendrés par le transport des aliments ne représenteraient que 10% de toute l’activité de production. Par contre, un seul jour sans viande par semaine a plus d’effets que de manger entièrement local. Conclusion: mangeons local et soyons végétarien un jour par semaine!

Que mangerons nous en 2021?

La pandémie due à la COVID-19 nous a fait prendre conscience de nos dépendances extérieures concernant l’alimentation. Nous nous sommes remis à cuisiner, pour s’apercevoir que laver de la laitue et la découper n’est pas compliqué, que ça prend peu de temps et que ça coûte beaucoup moins cher! Cette crise nous a aussi permis de découvrir toute la richesse, la diversité et la fraîcheur de nos produits locaux. Nous avons appris à commander nos aliments en ligne, de passer des commandes directement aux producteurs et de recevoir un panier diversifié à notre porte. Est-ce que cette tendance va être éphémère? Probablement que oui, mais elle va laisser des traces dont certaines resteront incrustées dans nos habitudes!

Vertical farm and its employees taking care of plant growth. Plant food production in vertically stacked layers.

COVID-19 et achat local

Un peu partout dans le monde, la COVID-19 a stimulé l’achat local. Le secteur économique qui a le plus profité de cette tendance est celui de l’alimentation. Une récente étude réalisée en France démontre que les consommateurs vont continuer à acheter local, surtout dans le sens  »achat responsable », mais qu’ils vont aussi continuer à acheter des produits importés comme les bananes ou le quinoa.

Est-ce que la tendance va vraiment se maintenir après la crise? Est-ce que le Canada va suivre cette tendance? À voir dans les prochains mois!

L’ascension de l’agriculture urbaine

En 2011, les Fermes Lufa de Montréal construisaient la première serre commerciale au monde sur un toit. En mars 2020, cette entreprise inaugurait la plus grande serre au monde sur un toit. Depuis quelques années, de nombreuses villes ont vu l’agriculture se développer sur leur territoire. Cette tendance va encore s’accélérer pour répondre à une demande des consommateurs de pouvoir s’approvisionner localement. L’épisode de la covid-19 vient encore renforcer ce mouvement. Le modèle des Fermes Lufa va plus loin que la production, il inclut aussi la vente en circuit court en partenariat avec des producteurs et transformateurs locaux en offrant une gamme complète de produits d’épicerie.

Fines herbes

Les aliments bio encore plus populaire

En Europe, les ventes de produits biologiques continuent à progresser, même pendant la période de pandémie. Les grandes entreprises de distribution agroalimentaire n’ont pas eu le choix de s’adapter et les aliments bio sont présents partout. Le regain d’intérêt pour l’achat local pendant la période de confinement a également eu un effet positif sur les ventes de produits bio.

Évolution bio europe

Nous devons revoir notre système d’approvisionnement alimentaire

La COVID-19 nous a quand même appris plusieurs chose sur notre système d’approvisionnement alimentaire, dont ses faiblesses et que l’on doit le revoir en partie. Il n’est plus possible de continuer à centraliser certaines opérations, comme l’abattage des animaux dans quelques méga-abattoirs. La fermeture d’un seul de ces abattoirs met en péril l’approvisionnement en viande et déséquilibre tout notre système d’élevage. Résultat? Des comptoirs de viandes vides d’un côté, et des surplus d’animaux vivants d’un autre côté. Il existe pourtant des solutions pour se réapproprier l’abattage régional a peu de frais, éviter de faire voyager les animaux pendant des heures (voir des jours) dans des camions, et retrouver de la viande locale dans nos épiceries. Une des solutions qui commence à prendre de l’ampleur dans quelques pays, et testée dans quelques provinces canadiennes est l’abattoir mobile. Décrié par certain, il fait le bonheur des autres… Et surtout n’essayons pas réinventer la roue, il existe des modèles clé en main tout à fait compatible avec les normes de salubrité les plus sévères et à des prix inférieurs à 500 000 $!

Les effets positifs de la COVID-19

Tout le monde le reconnaît, ce qui se passe actuellement sur la planète est du jamais vu. C’est un total chamboulement de nos habitudes et ça nous dérange énormément. Les effets négatifs sont nombreux et relégués en continue par tous les médias. Mais pour beaucoup d’entre nous, c’est une prise de conscience qui démontre que notre système économique actuel est malade et qu’il faut retrouver des valeurs plus humaines. Et la beauté de l’être humain, c’est qu’il a une capacité d’adaptation assez rapide. On commence à percevoir les effets positifs de cette crise, surtout en ce qui concerne nos habitudes d’achat alimentaire. Une nouvelle preuve, cet engouement pour la viande locale en Alberta, alors que c’est la province réputée pour ses grands élevages intensifs et ses grandes usines d’abattage et de transformation de la viande. Maintenant, les petits éleveurs et transformateurs de viande ont de la difficulté à répondre à la demande!

PHOTO : RADIO-CANADA